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jeudi 12 mars 2015

En généalogie, les difficultés ne sont pas là où on croit qu’elles sont (suite)


J’évoquais dernièrement ces faux problèmes derrière lesquels les généalogistes débutants peuvent parfois se réfugier pour ne pas pousser plus loin leurs premières recherches. Ce sont des faux problèmes dans la mesure où non seulement ils peuvent être résolus relativement rapidement et simplement mais aussi parce qu’ils tiennent davantage de l’inexpérience que de l’impossibilité technique.



En revanche, il existe des cas où même les généalogistes chevronnés peuvent être bloqués. Ces difficultés ont ceci de particulier qu’on ne pense pas qu’elles puissent exister tant qu’on n’y est pas confronté. Dans mon article précédent j’en répertoriais trois mais il y en a sans doute davantage :

  • -          des registres bien tenus peuvent avoir des trous
  • -          les règles qui régissent notre orthographe actuelle sont récentes
  • -          les noms de lieux ont changé au cours des siècles


Bien entendu, il est toujours possible de contourner ces difficultés, au moins partiellement, mais ce n’est pas chose aisée. En revanche, lorsqu’on réussit à forcer le destin, on a une satisfaction réellement importante, même si le résultat obtenu (une date, un lieu, un nom) peut sembler dérisoire en regard du travail effectué. Mais c’est là tout le charme de la généalogie …


Des registres à trous

Qu’y a-t-il de pire pour un généalogiste que de remonter sans difficulté dans l’histoire d’une personne sur plusieurs générations et puis tomber sur un trou !

Ce trou semble exister exprès pour vous embêter : les registres sont lacunaires (mot savant pour un trou) sur la période précise où se trouve l’acte de naissance de votre ancêtre … En réalité, il ne faut pas être à ce point paranoïaque, mais il faut avouer qu’une telle découverte est très frustrante.

Il y a bien entendu des méthodes pour retrouver l’information manquante ou en tout cas pour retrouver les éléments qui vous permettront d’aller plus loin.

Si l’acte introuvable est un acte de naissance, il faudra commencer par effectuer un relevé exhaustif sur une dizaine d’années avant et après le trou pour tenter de reconstruire une ou plusieurs familles ayant le même patronyme que celui de votre ancêtre puis, par de sérieuses analyses, finir par isoler la famille supposée de cette personne. Bien sûr des informations peuvent se retrouver dans d’autres actes comme par exemple des contrats de mariage ou des actes ultérieurs mais il est un fait que l’acte en question ne sera jamais en votre possession …

S’il s’agit d’un acte de mariage, vous pouvez vous en sortir avec un éventuel contrat de mariage que vous trouverez chez le notaire. Mais encore faut-il que contrat de mariage il y ait. Sinon, on peut toujours partir d’une hypothèse (assez souvent vérifiée dans le passé) qui est que les premiers enfants d’un couple pouvaient avoir leurs grands-parents comme parrains et marraines, même s’il ne s’agit pas là d’une loi absolue.
Encore une fois, il faut rechercher tous les éléments pouvant permettre de retrouver les informations qui manquent tant.

Pour un acte de décès perdu, il faut chercher du côté des testaments ou des tables de successions car la date de décès y est mentionnée, mais ce genre de document n’existe pas depuis très longtemps, il faudra donc rester sur les éventuels testaments pour des décès antérieurs aux années 1700. Le vrai problème de certains actes de décès réside d’ailleurs davantage dans le fait qu’ils sont très succincts et ne prouvent pas de manière certaine que la personne citée est bien celle que vous recherchez.


L’orthographe de nos ancêtres

Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont nos ancêtres ou dont les personnes des époques anciennes écrivaient. En effet, outre la graphie qui a évolué avec le temps et qui a eu ses modes, les mots utilisés étaient parfois différents des nôtres.

Les métiers ont changés, les noms des personnes n’étaient pas toujours stabilisés et des choses qui semblaient évidentes et implicites à nos ancêtres nécessiteraient aujourd’hui des explications détaillées.

Et puis la notion même d’orthographe est récente, elle n’a donc pas de sens pour les gens du XVIIIème siècle.

On se retrouve donc souvent confronté à des difficultés qui peuvent non seulement nous bloquer mais, plus grave, nous induire en erreur. Ainsi deux personnes apparemment homonymes sont en réalité issues de deux familles qui n’ont rien en commun alors qu’on pouvait dans un premier temps les considérer comme des cousins.

Là encore, l’habitude et un travail rigoureux permettent de passer outre ce genre de problème.


Les lieux disparus

Il n’y a pas que les noms de familles ou les métiers qui disparaissent, les lieux peuvent aussi changer ou disparaître.

Ce phénomène concerne surtout les petites paroisses qui ont disparu faute d’habitants ou qui ont été fusionnées puis ont été renommées lors de regroupements ultérieurs. J’ai ainsi eu toutes les difficultés à identifier un lieu appelé « Le Dazac » en Charente. Il s’agissait pourtant un village rattaché à la commune de Magnac-Lavalette au début du XIXème siècle.

Il y a aussi eu a période Révolutionnaire qui a re-baptisé républicainement certains lieux, mais cela n’a pas duré et ces communes ou villages ont retrouvé leur nom d’origine quelques années après …

Pour s’en sortir, il faut plonger dans les cartes anciennes qui ont été faites à l’époque où ces lieux existaient. On parle souvent des cartes de Cassini et il est vrai qu’elles sont une très bonne source. Il ne faut pas non plus négliger les monographies ou les ouvrages d’érudits locaux sur une région donnée.
Très souvent ces ouvrages décrivent la géographie locale avec un grand nombre de détails intéressants. D’autant que vous pouvez trouver, au détour d’une page, la mention d’un de vos ancêtres pour peu que celui-ci ait eu un rôle important dans sa paroisse ou sa commune. Si vous avez des ancêtres notables vous y trouverez donc probablement une trace.


Ces quelques exemples montrent qu’il existe de réelles difficultés en généalogie. Cependant, même si les sources originelles ont été détruites ou ont disparu, il est souvent possible de retrouver les informations manquantes en regardant ailleurs. La grande leçon à retenir est donc que lorsqu’on fait face à une difficulté, il ne faut rester hypnotisé par elle mais regarder partout autour pour reconstruire les informations manquantes …



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mercredi 4 mars 2015

En généalogie, les difficultés ne sont pas là où on croit qu’elles sont


La chose la pire qui puisse exister lorsqu’on méconnaît un sujet, c’est se persuader qu’il est difficile et rébarbatif. Bien sûr, il existe des tas de matières qui le sont, mais si on creuse un peu, on réalise que dans la plupart des cas, ce qu’on jugeait difficile ne l’est finalement pas tant que cela.

En fait, tout est une question de volonté. Il s’agit de se lancer et de traiter les points durs qui surgissent au fur et à mesure. De temps en temps il faut alors se retourner et regarder le chemin parcouru et on est alors émerveillé par ce qu’on a réussi à faire !

La généalogie ne déroge pas à ce principe mais a ceci de particulier que c’est une activité qui a beaucoup évolué avec les années et qui s’est lentement mais sûrement mué en un loisir accessible à tous.



Pour la personne qui ne pratique pas cette occupation, la généalogie pose principalement trois difficultés :

  • la période révolutionnaire est un mur infranchissable
  • la plupart des archives anciennes ont été perdues, donc je ne pourrai pas aller loin
  • Je ne retrouverai jamais un de mes ancêtres s’il a eu l’idée de changer de commune ou de paroisse au cours de sa vie


En revanche, il existe au moins trois vraies difficultés auxquelles les généalogistes sont confrontés :

  • des registres bien tenus peuvent avoir des trous
  • les règles qui régissent notre orthographe actuelle sont récentes
  • les noms de lieux ont changé au cours des siècles


Bien entendu, il ne s’agit là que de quelques  exemples pris parmi un grand nombre mais ils montrent que là où le débutant croit voir des difficultés il n’y en n’a généralement pas. En revanche elles résident là où on ne pensait pas les trouver en démarrant …
Je vais traiter ici des difficultés qui n’en sont pas pour aborder celles qu’on ne perçoit pas de prime abord dans un autre billet.


La période révolutionnaire est un mur infranchissable

Entendons-nous bien sur les termes : la période réellement chaotique qui sépare la fin de la tenue des registres paroissiaux et le début d’un état-civil tenu régulièrement dure moins de 10 ans, voire moins de 5 ans.

En effet, il n’est pas rare de trouver des registres paroissiaux tenus jusqu’en 1792 et en général, tous les registres d’état-civil postérieurs à l’an VII ou VIII sont en bon état, lisibles et complets. Il existe bien entendu des exceptions mais même si les difficultés durent un peu plus longtemps, il est peu probable que cela vous bloque entièrement.

Admettons par exemple que l’acte de décès d’un de vos ancêtres soit dans cette période trouble, en recherchant chez les notaires qui s’occupaient des successions vous trouverez sans doute des indices. Si c’est l’acte de mariage cela pourra poser problème pour la filiation des mariés, mais encore une fois les notaires et leurs contrats de mariage pourront vous aider. De même, les époux décédant postérieurement à cette période, il y a de grandes chances que soient indiqués dans leurs actes de décès les noms de leurs parents respectifs. Cette remarque vaut pour une personne qui serait née pendant les années 1790 où on trouvera dans son acte de mariage et dans son acte de décès un grand nombre d’informations utiles.

La période révolutionnaire n’est donc généralement pas infranchissable, à peine pose-t-elle quelques problèmes pour le calendrier utilisé, mais cela permet de réviser ses cours d’histoire …


La plupart des archives anciennes ont été perdues

Il faut savoir ce qu’on entend par archives. Si on parle des registres paroissiaux il est vrai qu’avant 1668 on trouve tout d’un coup beaucoup moins de documents qu’après cette date mais ce n’est pas que les archives ont disparu, c’est qu’elles n’ont pour certaines jamais existé !

Il faut comprendre que le souci que nous avons actuellement de garder précieusement notre patrimoine est une chose récente. Il y a encore 2 siècles, qui se souciait de conserver religieusement, si j’ose dire, les actes de baptêmes de paysans ?

Nous avons quand même la chance en France d’avoir eu des Rois qui ont souhaité pouvoir administrer correctement leur royaume et ont donc mis en place une administration dont les archives nous servent aujourd’hui lors de nos recherches.

Les grandes dates à connaître sont :

  • 1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts où François Ier met en place les bases des registres paroissiaux avec l’enregistrement des actes de baptêmes
  • 1556 : Henri II ordonne que les grossesses soient déclarées
  • 1579 : Ordonnance de Blois qui complète celle de 1539 avec l’enregistrement des mariages et des sépultures
  • 1664 : les pasteurs Protestants sont tenus d’enregistrer les actes d’état-civil de leurs fidèles
  • 1667 : Louis XIV  ordonne via son Code Louis de tenir les registres en 2 exemplaires dont l’un est déposé au Greffe (d’où le fait qu’on a alors deux fois plus de chances de disposer d’un registre qu’auparavant)
  • 1792 : création des registres d’état-civil tenus par la municipalité en lieu et place des registres paroissiaux, avec dans le même temps la création des tables décennales


La liste est beaucoup plus longue, mais on comprend pourquoi, dans la plupart des cas il n’est pas trop complexe de remonter jusqu’à la fin du XVIIème siècle, ce qui est déjà loin car cela nous même plus de 340 ans en arrière …


Les ancêtres nomades sont perdus à jamais

La première remarque qu’il faut faire est que la plupart de nos ancêtres lointains (c’est-à-dire ayant vécu avant 1800) bougeaient assez peu. Tout au plus se déplaçaient-il dans des paroisses ou des communes voisines pour y apprendre un métier, y cultiver une terre ou pour y trouver un conjoint.

Il y a toujours l’exception mais s’agissant d’une exception elle doit être traitée comme telle. Ainsi, vous pourrez consacrer davantage de temps au parcours de cet ancêtre mobile. Pour commencer il vous faudra établir une « timeline » précise relevant, à chaque fois que vous le pourrez, ses occupations, ses lieux de vie, les personnes qu’il a fréquentées, etc..

La construction de ce CV permet souvent de retrouver sa trace ou en tout cas de circonscrire ses recherches à un nombre restreint de lieux et sur une période réduite.

Bien entendu il existe de grands migrants. J’ai moi-même dans mes aïeux un soldat Allemand fait prisonnier pendant les guerres opposant la jeune République Française à ses voisins ou encore un jeune homme de Picardie qui a bougé en Auvergne à l’aube de la Révolution Française.

La chance c’est qu’on découvre souvent ces personnes au moment de la naissance de leurs enfants, puis de leur mariage ou de leur décès. Dans les deux derniers types d’actes on peut trouver des indices intéressants indiquant leur lieu de naissance surtout s’il est suffisamment exotique pour le curé ou l’officier d’état-civil.

Et puis il y a les témoins, les amis, les oncles, tantes, cousins et cousines cités dans les actes où le personnage itinérant apparaît.

En regroupant tous ces indices dans un tableau dont les éléments sont classés chronologiquement, il est assez fréquent de trouver son origine et donc de remonter une génération au-dessus.

Bien sûr, il y a des cas où le personnage reste un mystère. Pas de panique : il reste généralement d’autres ancêtres à étudier et à rechercher …


Bref, même si on dit qu’à l’impossible nul n’est tenu, on se rend compte qu’il ne faut pas partir avec des idées préconçues. Il faut avancer, pas à pas, souvent chercher un peu, parfois avoir un peu de chance, mais jamais renoncer !





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mardi 10 février 2015

Les légendes familiales


Les légendes familiales ont ceci de particulier qu’elles ont tendance à enjoliver la réalité. Il est rare en effet qu’on se vante d’avoir eu un ancêtre assassin ou d’avoir dans son arbre généalogique un malade mental.

La légende la plus courante est celle de l’ancêtre prestigieux, souvent noble, et qui a tout perdu lors de la Révolution Française. Les personnes sont le nom commence par le préfixe « de » ou « du » sont souvent victimes de cette légende car pour elles, le fait que la particule jadis indépendante soit désormais rattachée au patronyme signifie que leur ancêtre noble, fidèle républicain, a ainsi fait allégeance à la République en supprimant sa particule. Il existe une autre version de ce rattachement, moins glorieuse, qui consiste à dire que par peur d’être dénoncé, l’ancêtre a caché son appartenance au second ordre …



Avant d’aller plus loin, je pense qu’il est important de rappeler quelques points essentiels.


Noblesse et particule

Premièrement, le fait de disposer d’une particule dans son patronyme ne signifie pas l’appartenance à la noblesse. Selon les époques en effet, il était de bon ton de faire suivre son patronyme de la terre dont on été propriétaire, sans pour autant que cela donne droit aux privilèges de la noblesse.
Le travail effectué par Louis XIV à la fin des années 1660 a d’ailleurs permis de remettre dans le droit chemin quelques usurpateurs qui profitaient de la confusion pour ne pas payer d’impôts …

J’en veux pour preuve deux exemples. Un de mes ancêtres, authentique aristocrate de Bretagne se nommait Le Porc. Pas très glamour pour un nom noble, et pourtant, ce nom est rattaché à de grandes maisons de Bretagne et il y a fort à parier que personne à l’époque ne se serait permis de plaisanter sur ce patronyme …
A l’inverse, du côté de mon épouse, on trouve des Bouzinac de la Bastide qui étaient ce qu’on nommerait aujourd’hui des hauts fonctionnaires aux Affaires Etrangères mais qui n’étaient pourtant que d’authentiques bourgeois, assujettis à la taille …

En réalité, seule l’existence de lettres patentes permet d’établir la noblesse d’un individu …

Ensuite, qu’un individu décide de rattacher sa particule à son nom ou de la supprimer par idéal républicain a pu se produire, mais dans la majorité des cas, ce qui comptait était surtout le fait de renoncer aux privilèges de la noblesse : assujettissement à l’impôt, suppression des droits sur les terres ou sur les personnes y travaillant, etc..

Qu’on ne s’y trompe pas, la majorité des aristocrates de France à l’époque de la Révolution vivaient à la campagne et travaillaient de concert avec leurs fermiers ou leurs métayers. Encore une fois, nous devons être vigilants à cette vision Parisienne de la Révolution Française …

C’est ainsi que les chefs Chouans de la révolte Vendéenne ont été nommés par les gens du peuple et presque forcés à agir car ces derniers avaient besoin de chefs et de personnes sachant commander …

Enfin, un aristocrate qui tenterait de dissimuler son statut de noble en faisant disparaître sa particule n’a pas grand sens car soit il continuait à vivre sur ses terres et était donc connu, soit il changeait de vie et il pouvait alors s’inventer le nom qu’il voulait, personne n’étant en mesure de vérifier son état-civil réel …


Comment valider (ou non) une légende ?

Le plus simple est d’aller droit au but.

Votre ancêtre est venu dans les bagages de Marie de Médicis lors de son arrivée à la cour avec Henri IV ? Votre ancêtre a servi l’Empereur à Austerlitz ? Votre ancêtre a combattu les Anglais avec Lafayette ?

Il faut chercher à la source. Si votre ancêtre est « prestigieux » au sens où il a eu un rôle dans l’histoire, il existe nécessairement des sources parlant de lui. Que ce soient des monographies ou des études réalisées par des érudits locaux, voire des descendants, il existe des documents où vous pourrez retrouver des informations le concernant.

Mais ceci étant dit, rien ne prouve pour le moment qu’il soit rattaché à vous … En effet, ce n’est pas parce que vous avez un patronyme identique (ou presque) que vous descendez de cette personne !

En ce qui me concerne, j’ai parmi mes ancêtres des nommés « Poisson », or je n’ai rien à voir Jeanne-Antoinette Poisson plus connue sous le nom de Madame de Pompadour


Trouver le lien

Plus l’ancêtre supposé a vécu il y a longtemps, plus il va être compliqué d’établir un lien certain. En effet, dans la mesure où avant 1668, la plupart des registres d’état-civil commencent à devenir lacunaires, si la personne étudiée a vécu à la fin du XVIème siècle, cela ne va pas être simple, sauf à disposer de documents autres (généalogies établies à l’époque, actes notariés, etc.).

A l’inverse, si l’ancêtre supposé est « récent », c’est-à-dire qu’il a vécu après la période révolutionnaire, les sources sont plus nombreuses, mais il est sans doute curieux que personne dans votre famille n’ait de traces tangibles de ce qui vous relierait à lui.
Je m’explique : Si la personne dont vous pensez descendre était un officier supérieur pendant l’Empire, cela signifie qu’il est né vers les années 1770. Ses petits-enfants sont donc nés dans les années 1820 et ont donc vécu en gros jusqu’aux années 1880. En d’autres termes, vos grands-parents ont dû en entendre parler …

Le plus simple est de pratiquer une généalogie dite ascendante en remontant génération après génération et en partant de vous, mais en ciblant le personnage. Cela signifie que si la légende familiale indique que cet ancêtre était du côté de votre grand-mère maternelle, inutile de chercher du côté de votre père …


Etablir les preuves

Très rapidement, des indices devraient vous montrer si oui ou non vous êtes sur la bonne voie. A l’époque, les gens célèbres ou ayant une certaine aura, étaient connus de leurs contemporains qui ne manquaient pas de le signaler.

Par ailleurs, en cas d’appartenance à la noblesse, les titres sont systématiquement indiqués dans les documents écrits sous l’Ancien Régime. Que votre ancêtre soit titré « écuyer », « haut et puissant seigneur », « chevalier » ou « demoiselle » ou encore « dame » ne suffit pas mais garantit à 99% qu’il s’agit d’une personne appartenant à l’ordre de la Noblesse.

Il vous faudra ensuite prendre votre courage à deux mains car souvent, ces personnages bougeaient souvent et vivaient dans des grandes villes, ce qui les rend difficiles à suivre !

Si en revanche, vous faites chou blanc et qu’arrivé à l’époque de vie supposée de l’ancêtre recherché, vous n’avez rien d’autres que des homonymes, cela signifiera que la légende en était bien une … A moins que votre ancêtre (le vrai) ne soit qu’un cousin éloigné de celui que vous cherchiez, auquel cas, il vous faudra remonter les générations jusqu’à trouver l’ancêtre commun qui vous unira à lui !



La recherche d’un ancêtre prestigieux pour confirmer une légende aboutit souvent à une impasse et on se trouve alors face à une réalité moins glorieuse. Pourtant la généalogie peut s’avérer facétieuse et vous faire découvrir des personnages étonnants (et importants) dont vous ignoriez l’existence ! Ce sera alors à vous de présenter à vos contemporains ce qui ne sera pas une légende mais bien des faits prouvés !





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mercredi 28 janvier 2015

L’angoisse de la page blanche en généalogie


Comme je l’annonçais fièrement dans mes résolutions 2015, j’ai dans l’idée de publier un petit livre dans lequel je vais regrouper les quelques  astuces et les différents trucs que j’ai découverts lors de mes recherches.

En effet, j’aurais moi-même apprécié de trouver un ouvrage de ce genre, à la fois pratique et avec plein d’astuces concrètes, pour me permettre d’avancer. Mais soyons clairs, je n’ai pas la prétention de révolutionner le monde de la généalogie, de considérer que tout ce qui a été écrit avant moi sur ce sujet est nul et sans intérêt … Non, je veux seulement apporter ma pierre à l’édifice. Et puis je dois avouer que le fait d’avoir trouvé une communauté capable de relayer les quelques billets que j’ai commis sur ce blog depuis août 2012 m’a encouragé !



Je vais donc, une fois par mois, publier un article qui sera une ébauche d’un chapitre de ce livre à venir afin de tester ma capacité à écrire quelque chose de continu et de compléter, amender ou remettre en cause son contenu par vos remarques et commentaires !

Puisqu’il faut un commencement à tout, je me propose aujourd’hui d’évoquer un sujet qui nous a toutes et tous concernés un jour, comment commencer sa généalogie : par où commencer ? quelles pistes à suivre ? quels objectifs se fixer ? comment s’organiser ? Bref, comment bien démarrer sa généalogie pour ne pas abandonner au premier écueil, celui qu’on trouve en sortant du port alors qu’on s’apprête à traverser l’océan …


Quels sont vos (vrais) objectifs ?

C’est en fait la question clef : voulez-vous prouver à tout prix que vous descendez de Saint Louis (par les femmes bien sûr, sinon cela se saurait) ? Voulez-vous en savoir plus sur ce soi-disant ancêtre qui aurait été décapité pendant la Révolution Française ? Voulez-vous tout simplement aligner les ancêtres et trouver systématiquement tous les ancêtres de chaque génération ?

A chaque objectif sa méthode privilégiée, mais attention car la généalogie a une caractéristique mathématique très intéressante : a priori, à chaque ancêtre trouvé, on découvre deux parents, ce qui multiplie par deux les recherches à effectuer … Dit autrement, cela signifie qu’à chaque génération, on multiplie par deux le nombre pistes à explorer.


Premier exemple d’objectif :  vous cherchez à établir la véracité d’une légende familiale.

Commencez par récupérer le maximum d’informations sur cette légende : quand, où, qui, quoi ? En faisant cela vous pourrez commencer par vérifier la cohérence de la légende … Ensuite, gardez ces informations au chaud et remontez, génération après génération, pour voir si vous tombez sur cet ancêtre … ou non.

Je me souviens ainsi avoir recherché les éventuels liens qui pouvaient unir certains de mes  ascendants paternels avec le fameux et calamiteux Désiré Landru, homme à femmes du début du XXème siècle et qui ne se contentait pas de les piller, mais les faisait également disparaître dans sa célèbre cuisinière.

Dans la branche maternelle de mon père, j’ai des Landru qui vivaient au XVIIème siècle dans une région proche de celle d’où proviennent les Landru de notre Désiré. Y a-t-il un lien ? Rien à ce jour ne l’établit si ce n’est un nom identique, une proximité géographique, un patronyme peu courant dans la région … Mais pas de preuve formelle !

Il faut donc fouiller et encore fouiller, recouper, déduire … et prouver. Ce travail est long, fastidieux, et souvent fort frustrant car la légende ne s’avère n’être qu’une légende … Au moins votre travail aura-t-il permis de lui tordre le coup, cela fût-il au détriment de votre aura au sein de votre famille !


Second exemple d’objectif : vous voulez aligner les ancêtres, telle une galerie de portraits ?

Vous avez sans doute un esprit mathématique et ordonné : comme la nature, vous avez horreur du vide et il faut que chaque génération ait son compte d’ancêtres. C’est effectivement une tâche louable mais attention … La réalité est parfois polissonne : vous avez pensé aux filles mères ? aux enfants abandonnés ?

Et oui, la réalité est là et Zola et Hugo n’ont fait que décrire la misère de leur époque. Une misère bien réelle et qui a conduit de nombreuses femmes à abandonner leur enfant étant tout simplement incapable de le nourrir …

Le problème est que si ce cas intervient dans votre généalogie, vous aurez un trou dans votre alignement d’ancêtres, un trou qui ne cessera de grandir, génération après génération ! Mais ce n’est pas un problème car, au fond, cela vous donnera une occasion de creuser davantage sur cet enfant sans parents ou sans père : comment a-t-il grandi ? comment a-t-il rencontré son conjoint ? quelle a été sa vie ?

Et puis vous prendrez goût à ce genre de recherche qui donne une troisième dimension à votre tableau jusque là bien plat : celui de la vie de vos ancêtres ! Et à ce moment, croyez-moi, vous mettrez le doigt dans un engrenage infernal qui vous entraînera dans une quête sans fin.


Alors, faut-il vraiment se fixer un objectif ?
Quels que soient vos objectifs, vous découvrirez que la généalogie est une activité sans limite : vous pouvez commencer par un bout, vous serez immanquablement entraîné dans un tourbillon qui vous fera redécouvrir l’histoire de votre pays ou de contrées lointaines, vous deviendrez incollable sur des métiers aujourd’hui disparus, vous deviendrez intarissable  sur tel ancêtre simple paysan du Valois qui est parti chercher fortune en Auvergne à la veille de la Révolution Française. Bref, vous serez passionné !

La seule chose que vous devez accepter avant de vous lancer est de vous laisser porter : n’abandonnez jamais parce que vous vous heurtez sur une énigme agaçante. Moi-même je bute depuis des années sur des sujets qui me désespèrent, comme ce couple du Beauvaisis, Pierre Joseph Leclerc et Victoire Comédé, qui ont eu au moins trois enfants entre 1767 et 1769 sans que je réussisse (pour le moment) à mettre la main sur leur acte de mariage …

Laissez-vous porter par vos découvertes : elles vous feront rencontrer des gens formidables, qui ont eu des vies parfois terribles, parfois étonnantes, elles vous feront découvrir des lieux perdus dans des Provinces aux noms parfois mystérieux, elles vous feront découvrir d’où vous venez, quelles sont vos racines ...

Alors, en route pour l’aventure !


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mardi 20 janvier 2015

Généalogie : transmettre un savoir


Sans vouloir faire une thèse sur le sujet, je m’interroge souvent sur la façon dont on peut transmettre la généalogie et, de manière subsidiaire, qu’est ce que la généalogie transmet.

La première réponse qui vient en tête est que la généalogie, par nature, transmet un ensemble de faits sur des personnes ayant vécu dans le passé et qui ne sont plus là pour nous les transmettre directement.

C’est la raison pour laquelle selon les civilisations et les époques, la généalogie était une chose très importante. Pour se concentrer sur la France, elle permettait par exemple de confirmer l’appartenance à une élite, ce qui se traduisait pour les personnes concernées par des avantages non négligeables.



De nos jours encore, si on pense au travail de certains généalogistes spécialisés dans la recherche d’ayant droits dans le cas de successions, acquérir la preuve qu’on est allié à une personne riche qui vient de décéder peut avoir quelques avantages concrets …

Mais, envisager uniquement la transmission des faits ne permet pas de voir un autre aspect pratique qui est la façon dont on transmet le savoir généalogique en tant que méthode de recherche. Dit autrement, je m’interroge sur la façon dont on peut expliquer l’ensemble des techniques et des méthodes utilisées par les généalogistes pour arriver à leurs fins.

Cette question vaut la peine d’être posée car lorsqu’on regarde les différents ouvrages consacrés au sujet, on découvre qu’ils sont schématiquement répartis en deux familles :

  • les ouvrages techniques qui décrivent comment les archives sont classées, ce qu’on peut trouver dans tel registre, etc.
  • les ouvrages anecdotiques qui proposent de suivre avec l’auteur comment il a réussi à résoudre tel ou tel point bloquant de sa généalogie.


Mais il manque quelque chose qui me semble fondamental : qu’on se mette à la place du lecteur.

Par déformation professionnelle, je tâche de partir systématiquement du besoin du client et de remonter ensuite aux solutions qui peuvent être proposées. Or dans les deux cas présentés ci-dessus, c’est souvent l’inverse qui est proposé : on donne une liste de solutions possibles, le lecteur devant faire ses courses dans ce vaste supermarché d’informations.

La première étape est de se mettre dans la peau d’un généalogiste débutant et de l’imaginer effectuant ses premières recherches : quels sont les problèmes et les blocages qu’il rencontre ? Quelles sont ses interrogations ?

Pour faire la liste des ces questions possibles, il est évidemment utile de poser la question à des généalogistes débutants, mais on peut se contenter dans un premier temps de se souvenir comment nous étions quelques années en arrière …

La seconde étape consiste à apporter des solutions concrètes à ces questions. A première vue, c’est que les ouvrages cités plus haut font. Sauf qu’ils ont sauté la première étape et le lecteur a donc du mal à faire le lien.

Par exemple si mon problème est de savoir comment je fais pour trouver l’acte de naissance de mes grands-parents, il semble naturel de poser cette question en début de chapitre puis d’expliquer comment faire concrètement. C’est beaucoup plus clair que d’intituler un chapitre : « les délais de communication des archives » …

La troisième étape est de réussir à créer une relation entre ceux qui recherchent de l’information et ceux qui en ont. Cela peut être un site web, une application, un blog ou tout moyen permettant de créer ce lien.

Cela permet d’interagir avec les néo-généalogistes et de mesurer l’efficacité des solutions qui leur sont proposées. Le but étant d’améliorer le service régulièrement en le faisant correspondre au mieux aux attentes des lecteurs.


Pour conclure, je dirais que pour transmettre au mieux les savoirs acquis lors de ses recherches généalogiques, il faut tout d’abord partir des attentes des débutants ou des personnes intéressées par cette discipline. Ensuite, il faut structurer les savoirs de sorte à les faire correspondre aux dites attentes et enfin, il faut se mettre dans une démarche d’amélioration continue pour coller au mieux aux demandes des « clients ».


Et vous, quelle serait votre démarche pour transmettre vos savoirs ?

  

mardi 13 janvier 2015

La généalogie c’est lire … et écrire


La généalogie est une activité très complète car elle permet non seulement de parcourir l’histoire de France et d’autres pays à travers la vie de nos ancêtres, mais elle permet également de lire des centaines de documents manuscrits, dactylographiés ou imprimés.

Tout ceci n’est cependant que la face visible de l’iceberg.

Le vrai travail est ce travail de synthèse et d’écriture qui permet de donner vie à ces informations et par effet de ricochet, à nos ancêtres.



Il y a en réalité deux sortes d’écriture qui sont complémentaires et, à mon sens, nécessaires :

  • l’écriture de transcription
  • l’écriture de synthèse



L’écriture de transcription

Lorsqu’on découvre un acte ancien et qu’on le photographie, qu’on le scanne ou qu’on en garde une copie électronique il peut être nécessaire de le transcrire.

Transcrire ne signifie pas traduire en français d’aujourd’hui mais saisir le contenu de ce document dans un traitement de texte en ajoutant éventuellement de la ponctuation et en corrigeant quelques mots en une orthographe plus contemporaine.

L’idée en procédant de la sorte est de disposer d’un document facilement lisible car, si après la lecture de dizaines d’actes écrits par une même personne on finit par se familiariser avec son écriture, le fait de changer régulièrement d’auteur peut rendre difficile la lecture d’un acte qu’on a découvert il y a un an.

Personnellement, je garde systématiquement une copie électronique des documents concernant mes ancêtres et je transcris tout aussi systématiquement leur contenu. Cela me permet de disposer de la source ce qui est toujours utile en cas de recherche poussée et d’avoir sous les yeux un document facilement lisible et donc exploitable.
  

L’écriture de synthèse

La question se pose ensuite de savoir quoi faire de tous ces documents. Pour donner quelques chiffres (qui n’ont pas grand sens mais qui servent seulement à illustrer mon propos), si on considère 3 documents par personne (actes de baptême ou de naissance, de mariage et de sépulture ou de décès), si on a complété son arbre à la septième génération (la première étant soi-même), cela fait pas moins de 381 documents.

Or ces documents peuvent être complétés d’informations qui sont extraites d’autres documents ou issues de recherches effectuées sur place ce qui conduit à un nombre important de données.

Tous ces documents n’ont par ailleurs un intérêt que s’ils sont reliés entre eux de manière logique et historique. Ainsi, un acte de mariage de deux personnes a un lien avec un acte de naissance de leur enfant.

Il est donc possible de les lier en racontant une histoire, soit son histoire en remontant les générations soit, à l’image du film de Claude Lelouch « les Uns et les Autres », plusieurs histoires a priori distinctes qui finissent par se nouer entre elles.

Dans les deux cas, il semble naturel d’écrire cette synthèse. Le style pourra être sobre ou au contraire très riche, mais dans tous les cas les faits historiques qui y figurent devront être en lien avec ceux figurant sur les sources dont on dispose !



Il existe une troisième façon d’écrire, mais qui fera l’objet d’un autre billet, celle qui consiste à expliquer à celles et ceux qui veulent se lancer dans cette aventure passionnante de la généalogie, comment faire et quelles sont les astuces qui existent …


Et pour vous la généalogie s’écrit-elle ?


mercredi 17 décembre 2014

La technique des aires


Comme tout généalogiste amateur qui se respecte, j’essaie en permanence de trouver des techniques qui me permettent d’optimiser mes recherches. En effet, la recherche d’ancêtres est suffisamment longue pour que tout ce qui peut être mis en œuvre pour gagner du temps soit le bienvenu.

Après avoir exploré différentes régions de France et avoir retrouvé un grand nombre de mes ancêtres, j’ai constaté que, à part certains cas, la plupart d’entre eux étaient issus de couples natifs de la même paroisse ou de paroisses voisines. 

Ceci s’explique principalement par le fait qu’ils étaient dans leur grande majorité des agriculteurs ou des artisans et que par conséquent ils perpétuaient la lignée en restant dans la paroisse qui les avait vus naître. Cela a d’ailleurs permis à certains d’entre eux d’occuper des charges ou des fonctions au sein de la paroisse, comme procureur du Roi, marguillier, huissier, etc.. Tout cela n’aurait sans doute pas été possible s’ils avaient été des nouveaux venus.


Pourquoi la méthode des aires ?

Partant de ce constat, je me suis dit que pour rechercher un ancêtre sans connaître a priori sa paroisse d’origine, il fallait circonscrire au maximum les recherches à quelques paroisses, quitte ensuite à élargir le cercle des recherches en cas d’échec. C’est ce que j’avais baptisé à l’époque la méthode de l’escargot.

Pour l’avoir utilisé un grand nombre de fois, je me suis rendu compte qu’elle était efficace mais parfois un peu longue, surtout en cas de recherche dans une zone où la densité de paroisses est importante.

L’idée m’est donc venue de limiter le nombre de paroisses cibles et de n’appliquer la méthode de l’escargot que sur un certain nombre d’entre elles. C’est ainsi que la méthode des aires est née.


Un principe simple

Le principe est simple : réduire au maximum le nombre de paroisses sur lesquelles effectuer les recherches. Pour cela il faut définir des critères d’éligibilité permettant de ne garder que certaines paroisses.

Application à la commune d'Ornaisons - Source Google maps


Or nous avons tous remarqué au cours de nos recherches que dans les actes de baptêmes, de mariage ou de sépulture (mais c’est également vrai pour les actes de naissances, mariages et décès post-révolutionnaires) certaines personnes présentes ont deux caractéristiques intéressantes : elles ont un patronyme identique à celui de la personne ou des personnes concernées par l’acte (par exemple un parrain, une marraine, un témoin, etc.) et elles sont signalées comme vivant dans une autre paroisse ou commune que celle du registre où se situe l’acte.

Cette caractéristique sert généralement à orienter les recherches vers ce lieu en cas de blocage.

Si on identifie toutes ces paroisses ou communes où vivent des proches des personnes concernées par nos recherches, on peut alors les disposer sur une carte et les relier de sorte à former un polygone irrégulier.

L’aire ainsi constituée peut alors être considérée comme la surface qui fixe les limites de la recherche et dans laquelle on peut appliquer la méthode de l’escargot de façon beaucoup plus optimale.

Aire définie par les communes citées dans les registres - Source Google maps


Pour améliorer la méthode

Si on veut perfectionner le système, il est ensuite possible de procéder à un sondage dans chaque commune ou paroisse constituant un sommet de ce polygone sur une période significative, disons 5 à 10 ans avant la date figurant sur l’acte où est mentionnée la personne et 5 à 10 ans après.

Il faut ensuite relever le nombre de porteurs du patronyme considéré. S’il n’y en a aucun, cela signifie que la personne citée n’est pas originaire de la paroisse, et donc qu’on a peu de chance de lui trouver des ancêtres ici. A l’inverse, si la densité de personnes portant le même nom est élevé, on risque d’avoir trouvé un foyer d’où est sans doute issue la personne.

Ensuite, on peut modifier le polygone obtenu initialement en ne gardant que les sommets correspondant à des paroisses ou communes à forte densité de porteurs du nom.

Si toutefois les recherches dans les paroisses ou communes présentes dans cette aire ne donnent rien, il est alors possible de l’agrandir, mais cette fois-ci artificiellement, en traçant l’aire de second rang, c’est-à-dire une aire dont les sommets de la frontière sont les paroisses ou communes situées juste au-delà des premiers sommets.

Extension aux communes environnantes - source Google maps

Cela revient à partir d’un cercle et de définir des cercles concentriques de rayons de plus en plus grands, mais au lieu d’avoir des cercles on utilise des polygones qui ont le mérite de définir une aire où la probabilité de trouver l’ancêtre recherché est plus grande, ce qui a pour conséquence immédiate de passer moins de temps à le chercher.



La méthode des aires est donc un moyen efficace pour retrouver un ancêtre mais ne fonctionne qu’à une condition : que l’ancêtre recherché ne soit pas originaire d’une paroisse trop éloignée de la paroisse où il s’est ensuite établi. Cette méthode permet également de visualiser ce que je nommerais la zone d’influence de la famille et de ses alliés, c’est-à-dire la zone au sein de laquelle ils ont vécu et évolué.





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mardi 9 décembre 2014

Comment trouver la bonne paroisse


Lorsqu’on commence l’exploration d’une région qui ne nous est pas familière, une des premières difficultés auxquelles on est confronté est la localisation des paroisses ou autres lieux. En effet, pour les habitants du lieu et à l’époque à laquelle ils vivaient, il n’y avait aucune ambiguïté sur les noms de village. Ainsi un « Saint André » suffisait à définir le lieu concerné alors que de nos jours, ledit « Saint André » est peut-être devenu autre chose, a peut-être disparu ou a fait l’objet d’une fusion avec une autre commune.

Par ailleurs, les sources de l’époque sont généralement manuscrites, ce qui signifie que l’orthographe de ces lieux est laissée à l’appréciation de son rédacteur. Alors, pour peu qu’une des personnes citées vienne de loin, le nom du lieu sera transcrit de manière phonétique, avec tout ce que cela signifie en termes de précision ... Je me rappelle ainsi avoir cherché pendant des heures la ville d’Eslingue », située, selon l’acte en question dans « l’Electorat de Trèves ». Il s’est avéré que la commune recherchée était celle d’Äslingen …



Pourtant, il existe quelques astuces simples à mettre en œuvre pour retrouver ces lieux mystérieux.

1/ Les sites des archives départementales

La première source est le site des archives sur lequel vous vous trouvez. En effet, à moins que cela ne soit précisé dans l’acte, les personnes figurant sur les registres sont généralement du coin. J’en veux pour preuve que lorsque la paroisse est différente de celle d’où le curé rédacteur est issu, celui-ci précise généralement à quel diocèse elle appartient, voire dans quelle province elle se situe.

Dans le cas où il s’agit d’une paroisse locale ou située dans les environs, il suffit donc d’aller sur la liste des communes du département qui figure sur le site des archives pour trouver son bonheur.

Bien entendu, il peut y avoir plusieurs candidats, surtout si le nom figurant sur l’acte est « commun », comme « Saint Pierre » ou « Saint André ». Et puis le nom peut avoir évolué ou tout simplement, être tronqué dans l’acte car pour le rédacteur, le nom raccourci est suffisamment implicite. Ainsi, dans l’Aude, Saint André de Roquelongue est souvent cité comme « Saint André ». Mais cette façon de procéder donne généralement de bons résultats.

Cette façon de faire permet également de lever les doutes sur la graphie des noms, par exemple un « n » pouvant être écrit comme un « u » …

2/ Google maps

L’autre possibilité, mais qui n’exclut pas la première, est d’aller sur des cartes en ligne, comme celle de Google maps. En entrant le nom de la paroisse sur laquelle on se trouve, on peut visualiser très simplement toutes les communes environnantes.

En appliquant le même raisonnement que précédemment qui consiste à faire le pari que les personnes citées dans un acte vivent dans la paroisse concernée ou à proximité, il est alors facile de visualiser sur la carte les noms des communes avoisinantes. Car même si les noms ont changé ou ont évolué, on retrouve généralement la trace de la paroisse recherchée et on obtient du coup sa bonne orthographe.


3/ Les moteurs de recherche

Une fois la paroisse recherchée identifiée et correctement orthographiée, il est alors possible d’en savoir plus sur elle en effectuant une recherche via un moteur de recherche sur le web. Personnellement j’utilise Google ou Qwant, ce dernier étant totalement neutre, c’est-à-dire ne tenant pas compte des recherches effectuées précédemment pour la demande en cours.

Cela permet d’avoir des informations précieuses qui mènent à des sites d’archives comme Gallica ou des sites d’érudits, voire de passionnés ayant écrit des monographies sur la commune.

Les informations recueillies permettent alors de découvrir les moments clefs de l’histoire de la commune, les personnages principaux et les noms des villages qui y sont rattachés. C’est ainsi par exemple que j’ai découvert des informations sur un de mes ancêtres à la fin du XVIème siècle dans une paroisse du Valois car son nom figurait sur une stèle funéraire encore présente dans l’église de la commune …


Ces quelques astuces permettent de retrouver les noms des lieux qui sont présents dans les registres ou les actes anciens, qui y sont mal orthographiés ou suffisamment mal écrits pour qu’on ne puisse pas les déchiffrer facilement. Elles permettent ensuite d’aller plus loin et parfois de découvrir des informations très intéressantes sur nos ancêtres !


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mardi 2 décembre 2014

Il faut se méfier des conclusions hâtives …


Même si nous sommes vigilants, nous pouvons nous faire piéger par des a priori. Par exemple, bien des choses ont changé depuis le XVIIIème siècle et des mots ou des comportements qui étaient clairs et sans ambigüité à l’époque ont évolué et ont parfois pris une autre connotation.

Le problème est que si nous n’y prenons gare, nous pouvons nous perdre dans des conclusions erronées.

Voici trois exemples trouvés lors de mes recherches sur la branche de la grand-mère paternelle de mon épouse dans la région des Corbières, aux confins du Languedoc.


1/ Un pasteur bien catholique

Pour celles et ceux qui l’ignorent, chez les protestants, le ministre du culte se nomme un pasteur. Ce nom tire son origine dans le fait que cette personne est censée guider le troupeau des âmes humaines à l’instar d’un pasteur qui guide les brebis et évite qu’elles s’égarent.

Autre information importante, les Corbières ont été une région où le catholicisme a eu du mal à s’implanter uniformément car de grands mouvements hérétiques ont existé dans le passé, les Cathares étant les plus connus. Ainsi, trouver des protestants dans cette région n’est pas absurde en soi.

Passons à Jean Baptiste Marsal.

Il est né à Villerouge-Termenès, une petite paroisse des Corbières à quelques lieues de Lézignan. Il est le fils d’Etienne Marsal et d’Anne Ville.
Lorsque le 1er octobre 1776 il épouse Marie Pla, fille de Jean François Pla et de Marie Pech, on apprend que Jean Baptiste Marsal est un pasteur résidant depuis longtemps dans la paroisse de Ribaute, celle où a lieu ce mariage et d’où est originaire la future.

Spontanément, je me suis alors dit que mon épouse avait un ancêtre de plus protestant (car j’en avais découvert un autre quelques temps auparavant …). Rien d’étonnant à cela pour les raisons évoquées plus haut.
Au moment où je transcrivais l’acte de mariage, je me prenais déjà à imaginer un billet exaltant la grande tolérance de l’église catholique envers leurs « frères » protestants, mettant cela sur le compte de siècles de cohabitation.

Seulement voilà. Arrivé à la fin de l’acte je lis la mention suivante


« Présents à ce mariage, Mr Mas, bourgeois, et le sieur Baptiste Pla, oncle paternel de la mariée et Vincent, qui ont signé avec nous, et non Baptiste Marsal et Marie Pla, de ce requis ont dit ne savoir (…) »


Quoi donc ? Un pasteur ne sachant pas écrire ? Pas possible ! Quand on sait l’importance que portaient les protestants à l’étude des écritures, je me suis dit que cela ne collait pas ! Et puis, je me suis souvenu que jadis un pasteur était aussi un berger …

Ainsi, cet ancêtre n’était point ministre du culte protestant, mais bien un simple berger …


2/ Un ancêtre Premier Consul

Toujours dans cette branche, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que Arnaud Pla, le sosa 1668 de mes enfants (et accessoirement le grand-père paternel de la Marie Pla citée plus haut) était Premier Consul !

Oui, mais Premier Consul … de Félines-Termenès ! Tout de suite, cela rompt un peu le charme …

Cela montre qu’il faut bien tout lire dans un acte pour éviter de se faire des illusions !

En fait Arnaud Pla, né le 2 juin 1680 à Félines-Termenès, fils de Raymond Pla et de Marie Cumond, et décédé le 3 mai 1746 au même Félines-Termenès, était un notable de cette petite paroisse. Celle-ci était administrée par des consuls et le premier d’entre eux était en quelque sorte le Maire, si on peut tenter un parallèle qui frise l’anachronisme.

La déception (relative) est alors vite remplacée par une découverte historique qui est que sous Louis XV, les paroisses étaient relativement autonomes et étaient pour certaines auto-administrées. On est loin de l’image montrant des paroisses composées de paysans incultes écrasés par un seigneur impitoyable …


3/ Un ménager qui ne fait pas le ménage

A plusieurs reprises, au début du XVIIIème siècle, j’ai rencontré des ménagers dans les ancêtres de mon épouse.

Le plus surprenant est sans doute le cas de François Bouzinac de la Bastide, huissier de son état et fils de Joseph Dominique Bouzinac de la Bastide, vice-chancelier au consulat d’Espagne et des Deux-Siciles, et de demoiselle Marie Prévot.

Cet homme qui est né à Marseille vers 1748 et qui est mort à Ferrals-les-Corbières, dans l’actuelle Aude, le 29 septembre 1796 (le 8 vendémiaire an V pour les puristes) a épousé Marie Thérèse Estieu le 24 novembre 1773 à Luc sur Orbieu, petite paroisse du Languedoc, rattachée au diocèse de Narbonne.

Au vu de l’ascendance du marié, on peut imaginer le mieux pour celle de la mariée.

Or qu’apprend-on ? Le père de Marie Thérèse Estieu, feu François Estieu était … ménager !

Spontanément, je me suis dit que soit ladite Marie Thérèse Estieu était incroyablement belle, soit notre Bouzinac de la Bastide avait fauté avant le mariage et il s’agissait de réparer quelque déshonneur. Mais un fils de vice-chancelier auprès d’un consulat ne pouvait épouse une fille de ménager, tellement ce terme est connoté négativement !

Pourtant, en regardant les ressources disponibles sur le web, j’ai découvert qu’en Languedoc, à cette période, un ménager était en fait un propriétaire terrien possédant une terre pouvant aller jusqu’à une vingtaine d’hectares …

Ainsi, loin de la connotation négative qu’un tel mot peut représenter aujourd’hui, un ménager pouvait être relativement aisé et surtout, posséder une terre et ne pas en être seulement l’exploitant pour le compte d’un seigneur ou d’un propriétaire. Du coup, ce mariage se comprenait mieux, ce qui n’annulait pas les autres causes possibles (Marie Thérèse pouvait très bien être belle et François pouvait en être amoureux …)



Les apparences sont parfois trompeuses et il faut bien lire les actes et ne pas hésiter à scruter les ressources disponibles sur le web car cela permet de lever bien des doutes et même si la réalité est moins « sexy » que ce qu’on avait pu imaginer un instant, cela n’est pas grave car la généalogie est aussi là pour tordre le coup aux légendes infondées …



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mardi 18 novembre 2014

Principe de causalité et généalogie


Il y a bien longtemps, lorsque j’étais étudiant, je me suis découvert deux passions, presque en même temps : celle de la physique quantique et celle de la généalogie. Evidemment, il est compliqué de lier les deux car les domaines d’application de ces deux activités sont nettement distincts.

C’est pourquoi, les années passant, j’ai développé mes compétences en généalogie et ai pu avancer assez significativement sur l’histoire de ma famille et sur celle de mon épouse. Parallèlement, j’ai tenté de mieux appréhender les principes de la physique quantique, ce qui n’est pas une sinécure, même si aujourd’hui j’ai quelques connaissances en ce domaine.

Alors, quel est le lien avec le titre de ce billet ?

Max Planck 1858-1947 - un des pères de la physique quantique


Il y a quelques semaines, je regardais une conférence donnée par l’excellent Etienne Klein, qui abordait un de ses sujets favoris, le temps. Pour faire simple, il expliquait qu’il y a deux façons de concevoir le temps : soit de manière cyclique, soit de manière linéaire. Or les principes fondamentaux de la physique démontrent que le temps ne peut qu’être linéaire, ce qu’on peut traduire par le fait qu’il existe un principe de causalité : toute chose a pour origine une cause qui l’a précédée.

Appliqué à la généalogie, cela signifie que si nous sommes là c’est parce que nous avons des parents et ainsi de suite, à chaque génération. Bien sûr, les choses se compliquent dans le cas des mariages entre cousins puisque nous pouvons avoir des ancêtres en double. De même, dans le cas où les êtres humains sont créés à partir de cellules fécondées in vitro, ces cellules ne provenant pas nécessairement des parents dits d’adoption, la notion même de filiation perd son sens traditionnel.

Pourtant, même dans le cas d’une adoption, d’une fécondation in vitro, chaque être humain a une origine, un événement qui est la cause de son existence. Le principe de causalité s’applique donc bien, précisément parce que le temps est linéaire. Dit autrement, nous ne pouvons pas être les parents de nos parents …

La physique quantique va encore plus loin, faisant monter le principe de causalité d’un cran dans l’abstrait. L’exemple est donné par une tasse de café qu’on casse un jour. On peut effacer toutes les traces de ces dégâts, nettoyer le café qui est tombé, ramasser les éclats de porcelaine, les recoller parfaitement pour faire en sorte que personne ne puisse savoir que la tasse a été cassé, voire même mentir en disant que la tasse ne s’est jamais cassée. Pourtant, ce que dit la physique quantique c’est que, quoiqu’il arrive dans le futur, quoiqu’on observe dans le futur, l’événement qui est survenu a existé. En d’autres termes, une fois qu’un événement a existé, il est impossible de revenir en arrière et de faire en sorte qu’il n’existe pas.

Je sens bien que la majorité des lecteurs de ce billet a jeté l’éponge car elle se demande où je veux en venir …

Pourtant le lien avec la recherche généalogique est évident : ce principe montre que même si toutes les traces ont disparu, même si des témoignages altèrent la réalité, même si la mémoire des faits peut nous tromper, l’existence de nos ancêtres est un fait qui ne peut être remis en cause.

Mieux encore, nous pouvons affirmer que nous avons des ancêtres qui ont existé et qui ont donné naissance à une descendance dont nous sommes issus.

Alors, pourquoi faire un détour par la physique quantique pour en arriver à cette conclusion somme toute triviale ? Tout simplement pour rendre espoir à celles et ceux qui, à un moment de leur recherche, sont face à un mur. Ainsi, si je n’arrive pas à trouver la trace d’un de mes ancêtres car il semble être apparu spontanément à une époque, ce que me démontre ce principe de causalité c’est qu’il est certain qu’il a existé un jour et que tous les événements qui ont marqué sa vie ont existé.

Cette façon de penser peut redonner espoir à ceux, dont je fais partie, qui ont dans leur généalogie, un ancêtre né d’un père inconnu. Ce n’est pas parce que ce père est inconnu qu’il n’existe pas. Il suffirait, dans l’absolu, de recenser tous les hommes en âge de procréer, vivant dans l’environnement de la jeune fille séduite pour y retrouver le père recherché. Puis, grâce à certains indices, on pourrait ne garder dans la liste que quelques candidats possibles. On pourrait même, par des recherches génétiques sur leurs descendants, identifier ce père.
Il est stupide de faire des recherches aussi poussées pour compléter une branche de son arbre, mais ce que nous montre ce qui a été dit plus haut, c’est que ce père existe, même si nous ne l’avons pas (encore) identifié …

Par rapport à d’autres domaines de la recherche, c’est une chance considérable de savoir que cet ancêtre a existé (les chercheurs savent bien que parfois ils cherchent des années des choses qui, au final, n’existent pas …).

Partant de ce principe, il faut alors s’armer de courage et reprendre un à un tous les indices en se disant, une fois encore, que si ceux-ci existent, ce n’est pas par hasard et qu’ils sont la conséquence d’événements antérieurs qui ont conduit à leur existence. Il faut donc continuer à chercher et ne jamais abandonner !


Le principe de causalité appliqué à la généalogie permet d’affirmer que les ancêtres dont nous ne trouvons pas la trace ont pourtant bel et bien existé. Tout le travail du généalogiste est donc de rechercher patiemment les faits qui permettent de retrouver leur trace. Cette démarche historique, au sens d’Hérodote (« historiè » signifie « enquête » en grec) est sans doute la plus passionnante des aventures !


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mardi 14 octobre 2014

Faut-il faire la généalogie de ses alliés ?


Lorsqu’on se lance dans la généalogie de sa famille, on trouve très tôt ceux qu’on nomme les alliés. Les alliés sont les personnes qui se sont alliées par mariage avec nos ancêtres. Typiquement, ce sont les conjoints des frères et sœurs d’un ancêtre donné. D’ailleurs, le premier allié est notre conjoint ou ceux de nos enfants.

Le problème est que tout le monde sait à quel point l’établissement d’un arbre généalogique est une tâche titanesque. Alors pourquoi passer en plus du temps sur les arbres des alliés ? En a-t-on vraiment le temps ? Est-ce utile ?




Le temps

Evidemment, établir l’arbre de ses alliés prend du temps. Il s’agit cependant de savoir circonscrire la recherche à certains alliés et à certaines époques.

Je m’explique.

Faire la généalogie de son conjoint prendra autant de temps que pour sa propre généalogie. On peut toutefois la faire car elle concerne à part égale nos enfants. Mais il doit s’agit là d’une exception (à moins de commencer ses recherches très jeune et d’y consacrer beaucoup de temps).

En revanche, à partir du moment où on peut établir que certains de nos ancêtres sont stabilisés dans une région donnée ou, comme c’est souvent le cas, dans une paroisse ou un groupe de paroisses donné, on peut s’intéresser aux alliances, c’est-à-dire aux familles avec lesquelles les frères et sœurs d’un de nos ancêtres se sont unis.

On peut ainsi faire ces recherches tout en ciblant la période de temps pendant laquelle on les effectue. Ce qui de fait n’est pas si chronophage que cela …


L’intérêt

L’intérêt principal de ce type de recherches est qu’il permet d’établir une cartographie de l’environnement social dans lequel nos ancêtres ont vécu.

En effet, en établissant les liens qui existaient entre les conjoints d’une même fratrie par exemple, on va constater qu’une partie de la fratrie s’est alliée avec de parfaits inconnus d’autres paroisses, mais qu’une autre partie a renforcé des liens existant entre les familles depuis plusieurs générations.

Mes recherches personnelles m’ont montré par exemple que très souvent les aînés des familles s’unissaient avec des conjoints issus de familles alliées (voire même ayant un ancêtre commun à la troisième ou quatrième génération), tandis que les benjamins, pour lesquels l’enjeu était moindre, pouvaient s’allier à des inconnus, voire quitter la paroisse pour s’établir ailleurs.

Tout ceci démontre en fait que, sans que l’amour soit systématiquement absent des mariages, ces derniers étaient surtout là pour garantir la stabilité de la communauté.

Le dernier intérêt, qui n’est pas le moindre, est que cela peut permettre de résoudre des énigmes généalogiques, surtout si les alliances ont mis en jeu des familles partageant un ancêtre commun avec la nôtre. C’est un peu comme la fenêtre par laquelle on peut entrer si la porte est fermée ! Et même si l’énigme n’est pas résolue formellement, on peut tisser un premier portrait-robot de l’ancêtre recherché en se basant sur son environnement familial proche.


Alors, maintenant que vous savez que cela ne prend finalement pas tant de temps que cela et que cela a un grand intérêt, vous pouvez vous lancer dans la recherche des alliés de vos ancêtres ! En prime vous pourrez même découvrir certains liens avec des personnages hauts en couleur …


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mardi 26 août 2014

Pourquoi 1668 est une date importante ?


Si 1792 est une date importante en généalogie car c’est là que démarrent les tables décennales et que les registres d’état-civil sont complètement entrés en vigueur, il existe une autre date moins connue qui est 1668.

Vous avez sans doute remarqué que cette date signe souvent les plus anciens registres paroissiaux disponibles, ce qui est somme toute assez frustrant dans la mesure où, une fois lancé sur une piste prometteuse, on se retrouve bloqué à cette date fatidique.

C’est une date d’autant plus étonnante que tout généalogiste qui se respecte sait qu’en 1539, l’Edit de Villers-Cotterêts ordonne la tenue des registres de baptêmes dans tout le royaume. Alors pourquoi n’avoir que si peu de documents de cette époque ?

Ordonnance de Louis XIV de 1667


Selon moi, il y a en fait 3 raisons.

Premièrement, les actes datant de 1539 ou des années qui suivent sont rares car il s’est passé  du temps entre leur rédaction et maintenant, et de nombreux événements peuvent avoir été à l’origine de leur disparition : négligence, incendie, inondation, rats, guerres, etc..

Ensuite, les registres étaient censés être rédigés sur papier. Cette matière aujourd’hui  banale était très chère à l’époque et les paroisses n’avaient ni les moyens, ni l’envie de dépenser de l’argent pour acheter de tels registres.

Enfin, le niveau d’éducation des  curés anciens n’était pas forcément très élevé et sans aller jusqu’à dire que certains d’entre eux étaient illettrés, ceux-ci n’avaient pas la culture nécessaire à la rédaction et à la tenue des registres en question.

Même si l’ordonnance Blois de 1579 et la mise en place du Rituel Romain par le Pape Paul V en 1614 ont permis de faire progresser les choses, il faut attendre 1668 pour que les choses bougent vraiment. Mais pourquoi 1668 ?

Tout simplement parce que c’est la période à laquelle le Roi Louis XIV commence  son règne personnel et qu’il met en place le « Code Louis », précurseur du Code Civil, en 1667. Ce code précise que désormais les baptêmes, mariages et sépultures doivent être tenus en 2 exemplaires, un restant à la cure (la minute) et l’autre partant au greffe du Tribunal Royal (la grosse).
Louis XIV ayant réorganisé le royaume il avait les moyens de sa politique et il est clair que désormais les curés ne pouvaient plus être aussi négligents qu’autrefois. Par ailleurs, le niveau moyen des curés progresse et désormais, ce sont des personnes éduquées qui tiennent les cures.


On doit donc à la volonté de Louis XIV et à son ordonnance de 1667, qui entrera en application entre 1668 et 1669, de disposer de registres complets depuis cette période. Cette date a donc une explication mais, comme je le disais en introduction, on peut regretter que tout cela n’ait pas commencé plus tôt, ce qui nous aurait permis de remonter plus loin dans le temps dans un grand nombre de cas.


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