mercredi 17 décembre 2014

La technique des aires


Comme tout généalogiste amateur qui se respecte, j’essaie en permanence de trouver des techniques qui me permettent d’optimiser mes recherches. En effet, la recherche d’ancêtres est suffisamment longue pour que tout ce qui peut être mis en œuvre pour gagner du temps soit le bienvenu.

Après avoir exploré différentes régions de France et avoir retrouvé un grand nombre de mes ancêtres, j’ai constaté que, à part certains cas, la plupart d’entre eux étaient issus de couples natifs de la même paroisse ou de paroisses voisines. 

Ceci s’explique principalement par le fait qu’ils étaient dans leur grande majorité des agriculteurs ou des artisans et que par conséquent ils perpétuaient la lignée en restant dans la paroisse qui les avait vus naître. Cela a d’ailleurs permis à certains d’entre eux d’occuper des charges ou des fonctions au sein de la paroisse, comme procureur du Roi, marguillier, huissier, etc.. Tout cela n’aurait sans doute pas été possible s’ils avaient été des nouveaux venus.


Pourquoi la méthode des aires ?

Partant de ce constat, je me suis dit que pour rechercher un ancêtre sans connaître a priori sa paroisse d’origine, il fallait circonscrire au maximum les recherches à quelques paroisses, quitte ensuite à élargir le cercle des recherches en cas d’échec. C’est ce que j’avais baptisé à l’époque la méthode de l’escargot.

Pour l’avoir utilisé un grand nombre de fois, je me suis rendu compte qu’elle était efficace mais parfois un peu longue, surtout en cas de recherche dans une zone où la densité de paroisses est importante.

L’idée m’est donc venue de limiter le nombre de paroisses cibles et de n’appliquer la méthode de l’escargot que sur un certain nombre d’entre elles. C’est ainsi que la méthode des aires est née.


Un principe simple

Le principe est simple : réduire au maximum le nombre de paroisses sur lesquelles effectuer les recherches. Pour cela il faut définir des critères d’éligibilité permettant de ne garder que certaines paroisses.

Application à la commune d'Ornaisons - Source Google maps


Or nous avons tous remarqué au cours de nos recherches que dans les actes de baptêmes, de mariage ou de sépulture (mais c’est également vrai pour les actes de naissances, mariages et décès post-révolutionnaires) certaines personnes présentes ont deux caractéristiques intéressantes : elles ont un patronyme identique à celui de la personne ou des personnes concernées par l’acte (par exemple un parrain, une marraine, un témoin, etc.) et elles sont signalées comme vivant dans une autre paroisse ou commune que celle du registre où se situe l’acte.

Cette caractéristique sert généralement à orienter les recherches vers ce lieu en cas de blocage.

Si on identifie toutes ces paroisses ou communes où vivent des proches des personnes concernées par nos recherches, on peut alors les disposer sur une carte et les relier de sorte à former un polygone irrégulier.

L’aire ainsi constituée peut alors être considérée comme la surface qui fixe les limites de la recherche et dans laquelle on peut appliquer la méthode de l’escargot de façon beaucoup plus optimale.

Aire définie par les communes citées dans les registres - Source Google maps


Pour améliorer la méthode

Si on veut perfectionner le système, il est ensuite possible de procéder à un sondage dans chaque commune ou paroisse constituant un sommet de ce polygone sur une période significative, disons 5 à 10 ans avant la date figurant sur l’acte où est mentionnée la personne et 5 à 10 ans après.

Il faut ensuite relever le nombre de porteurs du patronyme considéré. S’il n’y en a aucun, cela signifie que la personne citée n’est pas originaire de la paroisse, et donc qu’on a peu de chance de lui trouver des ancêtres ici. A l’inverse, si la densité de personnes portant le même nom est élevé, on risque d’avoir trouvé un foyer d’où est sans doute issue la personne.

Ensuite, on peut modifier le polygone obtenu initialement en ne gardant que les sommets correspondant à des paroisses ou communes à forte densité de porteurs du nom.

Si toutefois les recherches dans les paroisses ou communes présentes dans cette aire ne donnent rien, il est alors possible de l’agrandir, mais cette fois-ci artificiellement, en traçant l’aire de second rang, c’est-à-dire une aire dont les sommets de la frontière sont les paroisses ou communes situées juste au-delà des premiers sommets.

Extension aux communes environnantes - source Google maps

Cela revient à partir d’un cercle et de définir des cercles concentriques de rayons de plus en plus grands, mais au lieu d’avoir des cercles on utilise des polygones qui ont le mérite de définir une aire où la probabilité de trouver l’ancêtre recherché est plus grande, ce qui a pour conséquence immédiate de passer moins de temps à le chercher.



La méthode des aires est donc un moyen efficace pour retrouver un ancêtre mais ne fonctionne qu’à une condition : que l’ancêtre recherché ne soit pas originaire d’une paroisse trop éloignée de la paroisse où il s’est ensuite établi. Cette méthode permet également de visualiser ce que je nommerais la zone d’influence de la famille et de ses alliés, c’est-à-dire la zone au sein de laquelle ils ont vécu et évolué.





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