mercredi 4 mars 2015

En généalogie, les difficultés ne sont pas là où on croit qu’elles sont


La chose la pire qui puisse exister lorsqu’on méconnaît un sujet, c’est se persuader qu’il est difficile et rébarbatif. Bien sûr, il existe des tas de matières qui le sont, mais si on creuse un peu, on réalise que dans la plupart des cas, ce qu’on jugeait difficile ne l’est finalement pas tant que cela.

En fait, tout est une question de volonté. Il s’agit de se lancer et de traiter les points durs qui surgissent au fur et à mesure. De temps en temps il faut alors se retourner et regarder le chemin parcouru et on est alors émerveillé par ce qu’on a réussi à faire !

La généalogie ne déroge pas à ce principe mais a ceci de particulier que c’est une activité qui a beaucoup évolué avec les années et qui s’est lentement mais sûrement mué en un loisir accessible à tous.



Pour la personne qui ne pratique pas cette occupation, la généalogie pose principalement trois difficultés :

  • la période révolutionnaire est un mur infranchissable
  • la plupart des archives anciennes ont été perdues, donc je ne pourrai pas aller loin
  • Je ne retrouverai jamais un de mes ancêtres s’il a eu l’idée de changer de commune ou de paroisse au cours de sa vie


En revanche, il existe au moins trois vraies difficultés auxquelles les généalogistes sont confrontés :

  • des registres bien tenus peuvent avoir des trous
  • les règles qui régissent notre orthographe actuelle sont récentes
  • les noms de lieux ont changé au cours des siècles


Bien entendu, il ne s’agit là que de quelques  exemples pris parmi un grand nombre mais ils montrent que là où le débutant croit voir des difficultés il n’y en n’a généralement pas. En revanche elles résident là où on ne pensait pas les trouver en démarrant …
Je vais traiter ici des difficultés qui n’en sont pas pour aborder celles qu’on ne perçoit pas de prime abord dans un autre billet.


La période révolutionnaire est un mur infranchissable

Entendons-nous bien sur les termes : la période réellement chaotique qui sépare la fin de la tenue des registres paroissiaux et le début d’un état-civil tenu régulièrement dure moins de 10 ans, voire moins de 5 ans.

En effet, il n’est pas rare de trouver des registres paroissiaux tenus jusqu’en 1792 et en général, tous les registres d’état-civil postérieurs à l’an VII ou VIII sont en bon état, lisibles et complets. Il existe bien entendu des exceptions mais même si les difficultés durent un peu plus longtemps, il est peu probable que cela vous bloque entièrement.

Admettons par exemple que l’acte de décès d’un de vos ancêtres soit dans cette période trouble, en recherchant chez les notaires qui s’occupaient des successions vous trouverez sans doute des indices. Si c’est l’acte de mariage cela pourra poser problème pour la filiation des mariés, mais encore une fois les notaires et leurs contrats de mariage pourront vous aider. De même, les époux décédant postérieurement à cette période, il y a de grandes chances que soient indiqués dans leurs actes de décès les noms de leurs parents respectifs. Cette remarque vaut pour une personne qui serait née pendant les années 1790 où on trouvera dans son acte de mariage et dans son acte de décès un grand nombre d’informations utiles.

La période révolutionnaire n’est donc généralement pas infranchissable, à peine pose-t-elle quelques problèmes pour le calendrier utilisé, mais cela permet de réviser ses cours d’histoire …


La plupart des archives anciennes ont été perdues

Il faut savoir ce qu’on entend par archives. Si on parle des registres paroissiaux il est vrai qu’avant 1668 on trouve tout d’un coup beaucoup moins de documents qu’après cette date mais ce n’est pas que les archives ont disparu, c’est qu’elles n’ont pour certaines jamais existé !

Il faut comprendre que le souci que nous avons actuellement de garder précieusement notre patrimoine est une chose récente. Il y a encore 2 siècles, qui se souciait de conserver religieusement, si j’ose dire, les actes de baptêmes de paysans ?

Nous avons quand même la chance en France d’avoir eu des Rois qui ont souhaité pouvoir administrer correctement leur royaume et ont donc mis en place une administration dont les archives nous servent aujourd’hui lors de nos recherches.

Les grandes dates à connaître sont :

  • 1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts où François Ier met en place les bases des registres paroissiaux avec l’enregistrement des actes de baptêmes
  • 1556 : Henri II ordonne que les grossesses soient déclarées
  • 1579 : Ordonnance de Blois qui complète celle de 1539 avec l’enregistrement des mariages et des sépultures
  • 1664 : les pasteurs Protestants sont tenus d’enregistrer les actes d’état-civil de leurs fidèles
  • 1667 : Louis XIV  ordonne via son Code Louis de tenir les registres en 2 exemplaires dont l’un est déposé au Greffe (d’où le fait qu’on a alors deux fois plus de chances de disposer d’un registre qu’auparavant)
  • 1792 : création des registres d’état-civil tenus par la municipalité en lieu et place des registres paroissiaux, avec dans le même temps la création des tables décennales


La liste est beaucoup plus longue, mais on comprend pourquoi, dans la plupart des cas il n’est pas trop complexe de remonter jusqu’à la fin du XVIIème siècle, ce qui est déjà loin car cela nous même plus de 340 ans en arrière …


Les ancêtres nomades sont perdus à jamais

La première remarque qu’il faut faire est que la plupart de nos ancêtres lointains (c’est-à-dire ayant vécu avant 1800) bougeaient assez peu. Tout au plus se déplaçaient-il dans des paroisses ou des communes voisines pour y apprendre un métier, y cultiver une terre ou pour y trouver un conjoint.

Il y a toujours l’exception mais s’agissant d’une exception elle doit être traitée comme telle. Ainsi, vous pourrez consacrer davantage de temps au parcours de cet ancêtre mobile. Pour commencer il vous faudra établir une « timeline » précise relevant, à chaque fois que vous le pourrez, ses occupations, ses lieux de vie, les personnes qu’il a fréquentées, etc..

La construction de ce CV permet souvent de retrouver sa trace ou en tout cas de circonscrire ses recherches à un nombre restreint de lieux et sur une période réduite.

Bien entendu il existe de grands migrants. J’ai moi-même dans mes aïeux un soldat Allemand fait prisonnier pendant les guerres opposant la jeune République Française à ses voisins ou encore un jeune homme de Picardie qui a bougé en Auvergne à l’aube de la Révolution Française.

La chance c’est qu’on découvre souvent ces personnes au moment de la naissance de leurs enfants, puis de leur mariage ou de leur décès. Dans les deux derniers types d’actes on peut trouver des indices intéressants indiquant leur lieu de naissance surtout s’il est suffisamment exotique pour le curé ou l’officier d’état-civil.

Et puis il y a les témoins, les amis, les oncles, tantes, cousins et cousines cités dans les actes où le personnage itinérant apparaît.

En regroupant tous ces indices dans un tableau dont les éléments sont classés chronologiquement, il est assez fréquent de trouver son origine et donc de remonter une génération au-dessus.

Bien sûr, il y a des cas où le personnage reste un mystère. Pas de panique : il reste généralement d’autres ancêtres à étudier et à rechercher …


Bref, même si on dit qu’à l’impossible nul n’est tenu, on se rend compte qu’il ne faut pas partir avec des idées préconçues. Il faut avancer, pas à pas, souvent chercher un peu, parfois avoir un peu de chance, mais jamais renoncer !





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